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2010-2011

MACBETH

MACBETH

  • Auteur de l'analyse : France Farago
  • Nombre de pages : 70 p.
  • Sous catégorie : Analyse de l'œuvre

Téléchargez au format PDF le résumé et l’analyse de Macbeth, de William Shakespeare -rédigée par France Farago, professeur en classe prépa à Chaptal - au programme de l’épreuve de français-philo des concours CPGE scientifiques 2010-2011.

Introduction............................................................................... 55
Étude de l’œuvre 1. Un cadre surnaturel à l’arrière-plan ...................................... 65
2. Le personnage de Macbeth .................................................... 70 3. Lady Macbeth ........................................................................ 83 4. La nuit et le sommeil impossible ........................................... 89 5. « Macbeth ou le cauchemar d’un enfer conscient »............... 92 6. La subversion de l’ordre par un tyran usurpateur .................. 97 7. Le Prince.............................................................................. 104 8. L’abîme du mal .................................................................... 110 Conclusion............................................................................... 118 Bibliographie ........................................................................... 119

 

Introduction

Étude de l’œuvre 

1. Un cadre surnaturel à l’arrière-plan

2. Le personnage de Macbeth

3. Lady Macbeth

4. La nuit et le sommeil impossible

5. « Macbeth ou le cauchemar d’un enfer conscient »

6. La subversion de l’ordre par un tyran usurpateur

7. Le Prince

8. L’abîme du mal

Conclusion

Bibliographie

Résumé et analyse Macbeth - Le Mal

La Renaissance fut une époque de crise. Comme toutes ces étapes de transition, où vient agoniser un passé et éclore un monde nouveau, elle fut marquée par l’acuité des préoccupations éthiques, le tumulte et le bouillonnement des idées dans des consciences saisies par le trouble. La leçon de réalisme donnée par Machiavel constitua une révélation bouleversante. L’auteur du Prince remua les consciences et troubla les esprits pétris de tradition chrétienne, tant sur le plan de la conduite individuelle que sur celui de la conduite des affaires politiques.

Le rejet de la violence

Shakespeare, l’auteur de Macbeth, se situe de façon très nette du côté de la tradition, même s’il voit bien que la violence est toujours plus ou moins à la source du pouvoir des princes. Toutefois, chez lui, ce mal originel trouve remède par la force des lois, pacificatrice du lien humain à l’intérieur des royaumes constitués. Dans Macbeth, le roi d’Angleterre est dépeint comme cet homme investi, du fait de son onction royale, du pouvoir de guérir le « Mal ». La majuscule permet d’opérer la transition entre le pouvoir de guérir les maux physiques (les écrouelles) – que le sacre des rois leur conférait – et le Mal moral et politique par excellence que sont la violence et le chaos toujours prêts à resurgir. Toutes les grandes tragédies historiques de Shakespeare disqualifient la conquête illégitime du pouvoir par la violence et la ruse, en contradiction formelle avec l’ordre établi et la volonté divine. Il y a chez Shakespeare un refus de la consécration de la violence, un rejet du meurtre sacrilège et de la logique sérielle qui engendre une cascade d’assassinats.

Le crime et ses remords

Macbeth met précisément en scène la profanation du sacré en nous racontant l’histoire d’un royaume acquis par la violence régicide. Dès le départ, il nous fait comprendre que le meurtre du roi Duncan, noble de cœur et d’âme, est de l’ordre du sacrilège et que Macbeth, le meurtrier, l’usurpateur, devra en rendre compte. Il lui faudra expier ce geste qui, d’emblée, sape toutes les valeurs positives : grandeur d’âme, bonté, hospitalité, gratitude. Sitôt versé le sang innocent – le meurtre a eu lieu de surcroît, lâchement, pendant le sommeil où toutes les défenses sont suspendues –, la logique infernale s’enclenche, le premier meurtre en appelant un second, le second un troisième etc. La victoire de l’ambition va présider à une défaite morale et spirituelle qui va conduire les époux Macbeth aux enfers. Leurs nuits seront désormais peuplées de rêves terribles, leurs jours seront hantés de visions terrifiantes, cauchemardesques comme le spectre de Banquo dont l’ombre horrible épouvante le roi assassin. Lady Macbeth sera hantée par le sang qui macule ses mains sans jamais pouvoir en laver la souillure. Tous deux seront en proie à la peur et au remords, au dérèglement psychique, châtiment immanent jusqu’à ce qu’arrive le châtiment ultime de la Providence à travers les armes de Malcolm.

Un arrière-plan politique

Si le mal moral qui taraude la conscience des deux époux protagonistes peut susciter des analyses psychologiques, il est doublé de la question du mal politique auquel il est inextricablement lié. Il est indispensable de rappeler l’arrière-plan – la pensée de Machiavel – sur lequel se détache clairement la position de Shakespeare. Il ne faudrait pas amputer l’analyse de cette pièce de sa dimension doctrinale en matière politique. En effet, la Réforme bouleverse la pensée des fondements traditionnels du pouvoir. Plus spécifiquement en Angleterre, le divorce d’Henri VIII d’avec Rome modifie l’architecture des rapports entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel (le roi devient chef de l’Église). En outre, la recherche actuelle attribue à Shakespeare une allégeance discrète au catholicisme.

1. Un cadre surnaturel à l’arrière-plan
1.1. Les sorcières et le surnaturel dans Macbeth
Tragédie sanglante où les événements décisifs profitent de la nuit enve- loppante pour instiller le mal là où régnait un ordre – ordre juste sous Duncan –, Macbeth se déroule au milieu des brouillards et des brumes, sur les landes désertiques d’Ecosse balayées par les vents et par les tem- pêtes sifflantes. La pièce commence en effet dans le tonnerre et les éclairs, cadre de l’apparition des trois sorcières, indissociables des forces élémentaires. Les sorcières sont les premiers personnages qui apparais- sent, et leur présence entoure d’une atmosphère mystérieuse tout ce qui suit. Pluie, vents, tempête, brume et air souillé, mauvais (I, 1,11). For- mes fantasmagoriques de l’univers, souffle qui se fond dans le vent, ces êtres étranges sont à l’image des bulles qu’elles mijotent dans l’alchimie de leurs chaudrons (acte IV). Elles donnent corps – un corps certes très subtil et fugace, le corps du rien maléfique et diffus – aux forces du mal qui s’épandent partout dans l’univers. Leur prophétie va les faire se con- centrer sur Macbeth et lady Macbeth et « le charme va se faire » (I, 3, 37).
Entre alors en scène Macbeth qui dit, en écho aux paroles des trois sœurs :
« Un jour si noir et si clair, je n’en ai jamais vu. »
(I, 3, 38)

Extrait de l’analyse et du résumé de Macbeth


1. Un cadre surnaturel à l’arrière-plan


1.1. Les sorcières et le surnaturel dans Macbeth

 

Tragédie sanglante où les événements décisifs profitent de la nuit enve- loppante pour instiller le mal là où régnait un ordre – ordre juste sous Duncan –, Macbeth se déroule au milieu des brouillards et des brumes, sur les landes désertiques d’Ecosse balayées par les vents et par les tem- pêtes sifflantes. La pièce commence en effet dans le tonnerre et les éclairs, cadre de l’apparition des trois sorcières, indissociables des forces élémentaires. Les sorcières sont les premiers personnages qui apparais- sent, et leur présence entoure d’une atmosphère mystérieuse tout ce qui suit. Pluie, vents, tempête, brume et air souillé, mauvais (I, 1,11). For- mes fantasmagoriques de l’univers, souffle qui se fond dans le vent, ces êtres étranges sont à l’image des bulles qu’elles mijotent dans l’alchimie de leurs chaudrons (acte IV). Elles donnent corps – un corps certes très subtil et fugace, le corps du rien maléfique et diffus – aux forces du mal qui s’épandent partout dans l’univers. Leur prophétie va les faire se con- centrer sur Macbeth et lady Macbeth et « le charme va se faire » (I, 3, 37).


Entre alors en scène Macbeth qui dit, en écho aux paroles des trois sœurs :


« Un jour si noir et si clair, je n’en ai jamais vu. »

(I, 3, 38)

 

On est d’emblée dans l’équivoque, dans l’énigme, le clair-obscur, le mystère inquiétant d’une réalité que l’homme ne domine pas. Descartes (1596-1650) n’est pas encore passé par là, lui qui annonça la possible maîtrise de la nature – non la toute-puissance – par la rationalité humaine. Shakespeare, lui, nous plonge d’emblée dans l’irrationnel. Il joue de l’équivoque, du paradoxe et transgresse avec méthode le principe de non-contradiction : c’est que la réalité est cette étrange conjugaison des opposés : clair, obscur ; bien, mal, etc. qui sont perpétuellement en tension et difficiles à séparer[1].

 

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[1] Même si la clarté qui commence à se lever sur l’Occident fait que, comme le dit Marienstras, « au début du xviie siècle, le démoniaque qui apparaît dans le cours de l’histoire, dans l’ordre de la nature et dans l’histoire quotidienne, doit être cerné, exorcisé et chassé dans ses manifestations humaines ». Op. cit., p. 125.

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