Le mal : synthèse comparative des 3 œuvres
- Auteur de la synthèse : France Farago
- Nombre de pages : 26 p.
Retrouvez dans cette synthèse comparative, à télécharger au format PDF, tout ce qui rapproche et différencie les trois œuvres au programme de l’épreuve de français-philo aux concours des CPGE scientifiques 2010-2011ainsi que les perspectives qu’elles ouvrent pour traiter le thème du mal. Une synthèse rédigée par France Farago, agrégée de philosophie, professeur en classe prépa à Chaptal.
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1. Introduction
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Des trois œuvres, c’est celle de Rousseau qui explicite avec le plus de lisibilité la condition de l’homme, sans doute parce qu’il s’agit d’un texte philosophique rédigé avec un minimum d’intrigue : un adulte qui tente d’exposer ses raisons de vivre, la façon dont il conçoit notre commune condition au sein d’un univers dont l’infinité défie l’entendement et nous ramène à une nécessaire humilité. Sans doute la pensée théologi- que moderne, très riche, pose-t-elle le problème de l’existence de Dieu et de la destination ultime (notamment ce que pendant des siècles on a appelé l’« au-delà ») dans un langage moins naïf, mais, peu importe.
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Étude du thème
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Rousseau nous dit que, doté de la conscience, qui « est à l’âme ce que l’instinct est au cœur », infaillible comme lui, l’homme n’est plus dans une relation fusionnelle avec la nature. Il est un être à part dans la créa- tion, soumis à la possible opposition en lui de l’être droit et de l’être sujet à des passions négatives, destructrices et autodestructrices. Notre destination morale nous est ainsi signifiée en même temps que sa per- version est rendue possible. Par la dualité de l’âme et du corps qui le structure et le constitue, l’homme est capable de s’élever au-dessus de lui-même pour découvrir l’ordre universel – thème de l’ordre que nous retrouvons dans la pièce de Shakespeare, à travers le processus de sa subversion qui est le mal même.
La capacité de reconnaître la beauté morale est le privilège de l’homme. Lorsqu’elle commence à devenir sensible à l’homme, la cons- cience agit et il a des vertus. Certes, les vices naissent en même temps, « mais tant qu’il y a moins d’opposition d’intérêts que de concours de lumières, les hommes sont essentiellement bons », dit Rousseau dans sa Lettre à Christophe de Beaumont.
Ainsi Rousseau reconstitue-t-il la trajectoire subie par l’espèce :
– d’abord la bonté de l’état sauvage, indifférente à autrui et mora- lement neutre ;
– puis la pitié bienveillante et l’échange de services et de secours, lors des catastrophes qui rapprochent les hommes entre eux.
Enfin, développant la perfectibilité qui le distingue des animaux, l’homme prend conscience de lui-même et de sa liberté, se découvre image de Dieu, assume la responsabilité de sa conduite, s’élève et devient capable ainsi de se subordonner à l’ordre :
« Le plus noble des êtres créés est l’homme ; l’homme est la gloire de la terre qu’il habite »
(Pensées détachées)
Cependant – et Rousseau a longuement médité la chose –, l’homme est capable de se pervertir. Il est capable de faire le mal en se détournant de sa source ontologique et de ce que lui dicte la conscience qui pour- tant est la voix divine, la voix immortelle et céleste de Dieu même.
Les trois œuvres littéraires qui vous sont proposées explorent préci- sément ce qui arrive à l’âme humaine lorsque celle-ci se détourne de ce dictamen, de cette injonction intérieure qui nous dicte la norme de nos actions dont parle l’œuvre philosophique qui peut nous aider à les décrypter.
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