Réussir
sereinement l'épreuve
de français-philo
au programme officiel
CPGE Scientifiques
2010-2011

Réussir l'épreuve de dissertation -     épreuve de Français-philo prépas scientifiques 2010-2011

1. Présentation de l’épreuve

La dissertation aux concours des grandes écoles d’ingénieurs et des écoles vétérinaires porte sur un programme dont le contenu change chaque année. Les sujets de dissertation sont des sujets de synthèse portant sur les trois œuvres au programme et axés sur le thème. Certains concours donnent un nombre de mots maximum. Au concours Centrale-Supélec par exemple il est précisé : « Votre copie ne pourra pas excéder 1 200 mots, mais un décompte exact ne sera pas exigé. » Cette formule vous donne un ordre d’idées de la longueur attendue. C’est à vous de savoir en fonction de votre écriture à quel nombre de pages cela correspond.

Quel que soit le concours, les sujets peuvent se présenter sous deux formes :

  • Une citation suivie ou précédée d’une consigne qui oriente le travail demandé.

Il s’agit alors d’étudier de près la pensée d’un philosophe, d’un critique, d’un intellectuel ou d’un scientifique, d’en comprendre exactement le sens, d’en mesurer la portée, puis de prendre position sur sa valeur, sa véracité, sa pertinence, ses limites, sa portée en son temps ou de nos jours, lorsqu’elle est appliquée aux œuvres du programme. Parfois, l’étude est dirigée par une question qui accompagne la citation. Il s’agit alors d’y répondre, après l’avoir délimitée et éventuellement subdivisée en questions partielles. Lorsque l’épreuve comporte un résumé, la citation qui donne le sujet de la dissertation est tirée du texte à résumer.

  • Une simple question :

le candidat devra analyser minutieusement cette question en saisissant bien son originalité, en évitant de se précipiter trop vite dans
une réponse hâtive. Toutefois cette deuxième forme tend à disparaître et aux concours 2009 tous les sujets de dissertation comportaient une citation.

2. Les qualités exigées

• Des connaissances

 
On attend surtout du candidat une bonne connaissance des œuvres au programme de l’année, mais également de celles de l’année précédente. Il devra obligatoirement se servir de ces ouvrages pour illustrer ses propos et étayer son argumentation. Les dissertations doivent renvoyer explicitement aux œuvres du programme. La référence à ces ouvrages dans les concours scientifiques devra donc être constante, précise et judicieuse. Toutes les œuvres devront être utilisées, et non deux sur trois, et elles devront l’être de manière analytique et non descriptive ou narrative. Il s’agit de confronter les œuvres entre elles et non de juxtaposer des anecdotes. Il faut, en effet, éviter de tomber dans l’événementiel.


À condition d’avoir correctement utilisé les œuvres au programme, on pourra certes mobiliser des connaissances plus larges et plus personnelles, mais sans pour autant se complaire dans un étalage prétentieux d’érudition ou un collage de références mal assimilées et mal exploitées. Il ne s’agira jamais d’étaler longuement des connaissances ou de réciter son cours. On ne demande pas aux candidats d’être des érudits, mais seulement des personnes intelligentes et cultivées, capables de réfléchir sur une question en se servant comme point de départ d’une culture bien assimilée. Il ne convient pas non plus que les références extérieures prennent le pas sur le programme. Il faut donc être prudent et ne pas abuser de votre culture générale car si elle prenait trop de place on pourrait penser qu’elle n’est qu’un moyen de masquer une connaissance insuffisante des œuvres.

• Une réflexion personnelle

 
On attend, en effet, du candidat qu’il soit capable de prendre une position nette et franche, sans redouter d’être pénalisé pour les idées qu’il exprime. On apprécie, quels que soient les concours, l’authenticité. La sincérité rend plus convaincants vos arguments. Efforcez-vous donc de vous forger une opinion personnelle sur la question au programme. Ce qui ne signifie pas qu’il faille avoir une opinion préalable sur chaque sujet possible. Au contraire, il est souhaitable que le sujet proposé soit pour vous l’occasion de réfléchir à une question et de construire votre pensée. Une réflexion exacte, en train de s’élaborer, est plus dynamique et donc plus intéressante qu’une opinion toute faite qui s’apparente à un préjugé. Mais opinion personnelle ne doit pas être confondue avec fanatisme borné. Évitez de présenter votre pensée comme une vérité absolue en lui donnant valeur de certitude absolue. Ne tombez pas pour autant dans l’excès inverse en relativisant exagérément votre propos. Votre opinion n’a pas de valeur absolue, elle n’a pas non plus de valeur parce qu’elle est votre opinion. Écartez donc les « moi, je », les « je pense pour ma part que... » : Ils n’ont aucun intérêt. Votre opinion ne vaut que comme une interprétation possible de la question, une solution envisageable, dont la validité ne s’appuie que sur une argumentation solide et des exemples pertinents. Restez donc ouverts et tolérants : Acceptez de prendre en considération les jugements opposés aux vôtres. Pour autant, être tolérant ne signifie pas approuver inconditionnellement ce que dit l’autre et s’abstenir de tout jugement personnel sous prétexte que tout se vaut. C’est au contraire savoir choisir, se décider, affirmer en reconnaissant à autrui le droit de faire d’autres choix, d’autres décisions et d’affirmer d’autres valeurs.

• Une réflexion ordonnée


Les correcteurs exigent également des qualités d’organisation: la réflexion doit être construite et suivre un plan logique et rigoureux. Il ne suffit pas d’aligner des remarques judicieuses et des citations pour constituer une dissertation. On attend du candidat une faculté de mise en ordre qui devra témoigner de qualités de logique et qui garantira la clarté du discours.
Beaucoup de candidats pensent que le plan en trois parties s’impose. Sachez que ce plan n’est pas obligatoire et qu’il vaut mieux un plan cohérent en deux parties qu’un plan mal bâti en trois. N’oubliez pas le rôle des sous-parties qui peuvent vous permettre d’éviter dans un plan en deux parties de laisser une impression d’inachevé. Quoi qu’il en soit votre plan doit comporter deux ou trois parties et non pas quatre voire cinq comme on le voit parfois.

Une expression correcte

 
Le candidat doit s’exprimer dans un français évidemment correct, sans fautes d’orthographe, de grammaire, d’expression, de syntaxe, de ponctuation et d’accentuation. La présentation doit être également soignée et l’écriture lisible. Évitez d’utiliser des stylos bille dont l’encre coule et de surcharger votre copie de blanc ou de ratures.

Voici la correction des fautes les plus courantes repérées dans les copies des différents concours scientifiques.

Orthographe

 
On accorde les noms au pluriel : un sujet, des sujets. On accorde l’adjectif qualificatif avec le ou les noms auxquels il se rapporte : « un pardessus vert », « un manteau et une jupe verts ». On accorde le verbe avec son sujet : « J’ai : C’est moi qui ai », « Nous avons : C’est nous qui avons », etc. On ne confond pas l’adverbe invariable et l’adjectif variable : « ci-joint la note » et « veuillez lire la note ci-jointe ». Pour la même raison on doit écrire : « même les derniers peuvent entrer » (même = également ; adverbe) et « les mêmes causes produisent les mêmes effets » (même = identique ; adjectif). Ces/Ses : « ces livres » (les livres que l’on désigne) et « ses livres » (les livres qui lui appartiennent). Leur peut être variable (adjectif) : « leurs examens sont satisfaisants » ou invariable (pronom personnel) « Je leur communiquerai mon adresse ». Prêt, Prête # Près (non loin). La plupart s’écrivent en deux mots et non en trois. Plus tôt s’oppose à plus tard. Plutôt signifie de préférence. Obscur ne prend pas de « e » au masculin, en prend un au féminin : obscure. Vertu ne prend pas de « e » : la vertu. Parmi et malgré s’écrivent sans « s » mais volontiers en prend un. On ne confondra pas la satire (la critique) et le satyre.

Syntaxe

 
On dit : « il vaut mieux qu’il parte » (= il est préférable) et « il faut bien qu’il parte » (= il est nécessaire). Ne jamais écrire : il faut mieux. Acquérir se conjugue : au présent : « j’acquiers, tu acquiers, il acquiert, nous acquérons, vous acquérez, ils acquièrent ». Au passé : composé : « j’ai acquis, tu as acquis », etc.
Résoudre se conjugue : au présent : « je résous, tu résous, il résout, nous résolvons, vous résolvez, ils résolvent ». Au passé composé : « J’ai résolu, tu as résolu », etc. Se résoudre se conjugue : « je me résous, je me suis résolu », etc.
On dit «la maison de ma mère» (et non «à ma mère»), «la voiture de mon ami ».

Soit ne s’emploie jamais seul : « il viendra soit à cheval soit à bicyclette ». Ne jamais dire : « soit à cheval ou à bicyclette ».
Dire : « on vient par ses propres moyens » et « nous venons par nos propres moyens ». Ne pas dire « malgré que », mais « bien que » ou « quoique ».

Vocabulaire

 

Ne pas dire « Le livre » Dire « L’œuvre, le texte, le roman, la pièce, le traité etc. » Une décade est une période de dix jours, une décennie une période de dix ans (decennia).
Inique signifie « très injuste ». L’emphase est une exagération dans les paroles et les manières. Intègre signifie « honnête » « incorruptible ». Prolixe signifie « qui est trop long », « bavard », prolifique « qui répand », « qui se multiplie rapidement », et prodigue « qui fait des dépenses inconsidérées ». Un dilemme est l’obligation de choisir entre deux possibilités dont chacune présente des inconvénients. Ne pas écrire dilemme. L’apogée est le plus haut degré de gloire, de puissance, qu’on puisse atteindre. C’est un mot masculin : un apogée Un panégyrique est l’éloge, écrit ou parlé, de quelqu’un ou de quelque chose. Une conjecture est une supposition, une hypothèse, une prévision ; une conjoncture est une situation d’ensemble, un contexte. La magnanimité est la générosité, la grandeur d’âme, la clémence. Conséquent est synonyme de « logique » (« être conséquent avec soi-même ») et non pas de « considérable » ou d’« important ». On dit par conséquent et en conséquence. Ce qui est indicible est inexprimable, indescriptible. Le luxe est la magnificence, l’abondance de choses somptueuses, la luxure est la pratique immodérée des plaisirs sexuels. On ne dit pas « avoir l’opportunité de » (anglicisme), mais « avoir l’occasion de », on ne dit pas « saisir une opportunité », mais « saisir une chance ». Arriver « avec opportunité » en français, c’est arriver au bon moment. On ne relève pas un « challenge » (anglicisme). On relève un « défi ». On ne dit pas « se baser sur » mais « se fonder sur ».

3. Méthode de travail

 

Il est essentiel de bien savoir gérer son temps de travail. Durant l’année, votre professeur vous donnera des devoirs à faire chez vous : imposezvous un temps limité de préparation, sans toutefois prétendre arriver immédiatement au temps de l’épreuve. Il peut être utile au départ de consacrer un peu plus de temps à cet entraînement pour approfondir les questions, soigner l’expression, mais vous devez ensuite vous rapprocher le plus possible du temps requis, jusqu’à le respecter. Les différents concours donnent aux candidats un temps de composition plus ou moins long. Nous vous suggérons de le répartir à l’avance en attribuant une durée déterminée à chaque étape de votre travail. La méthode, qui peut paraître très scolaire, porte des fruits indéniables. Elle vous permet à tout moment de savoir où vous en êtes ; elle vous rassure si vous respectez votre calendrier de travail et vous permet de vous détendre et de prendre le temps d’effectuer correctement telle ou telle partie de votre travail. À l’inverse, si vous êtes en retard sur votre plan de travail, vous vous en rendrez ainsi compte suffisamment tôt pour pouvoir accélérer et rattraper ce retard. Voici donc quelques suggestions d’organisation qui doivent être assouplies, évidemment, en tenant compte des aptitudes et des difficultés de chacun face à chacune de ces étapes :


    

 

 

Vous pouvez certes apporter les assouplissements que vous souhaitez à ce programme qui vous paraîtra peut-être un peu trop rigide. N’oubliez pas cependant que chacune de ces étapes est absolument nécessaire si vous voulez réaliser un travail efficace
Nous allons donc les examiner successivement pour voir précisément en quoi elles consistent.


• Analyse du sujet

 
C’est l’étape la plus importante de votre travail. Pour être compris le sujet nécessite une étude précise des termes du texte et non pas seulement de ceux qui paraissent obscurs.
Repérez les mots importants sur lesquels se jouent le sens et la portée du sujet. Trouvez les sens différents d’un même mot. Aidez-vous, chaque fois que vous le pouvez, des étymologies, du sens originel des termes employés. Vous pouvez également distinguer le sens propre et le sens figuré, le sens usuel et le sens philosophique. En outre, il faut être sensible au ton de la citation qui vous est proposée. N’oubliez pas non plus qu’un sujet n’est pas une suite de mots mais une phrase, c’est-à-dire que les mots se comprennent aussi par leur mise en perspective les uns par rapport aux autres dans la phrase. Vous devez comprendre le sens de certaines expressions, le sens de la phrase et non pas seulement le sens des mots qui la composent On voit malheureusement certains candidats qui choisissent ce qui leur semble être des mots clefs puis qui s’en servent, pour faire deux ou trois parties en prenant pour centre chacun de ces mots sans que soit dégagé le problème posé.
D’autres et c’est encore bien plus grave n’analysent pas du tout la citation et ne dégagent donc aucune problématique. Ceux-là recopient la citation puis annoncent simplement qu’ils vont examiner : « cette idée, cette thèse, cette position, cette problématique (sans l’avoir définie !) cette comparaison, ce que dit l’auteur, cette vision, cette hypothèse, cette opinion, ces propos, cette interrogation ceci... ». Évidemment, suite à cette façon d’introduire le sujet le correcteur ignore totalement ce qui va être dit et bien souvent le développement qui suit est entièrement ou partiellement hors sujet.
Il faut également s’interroger sur le libellé qui suit la citation et bien noter tout ce qu’il exige de vous. Une interrogation totale c’est-à-dire à laquelle on peut répondre par oui ou non invite à un plan dialectique. Par contre des libellés du type : « Dans quelle mesure... » ne vous oblige pas à un plan dialectique, qui semble difficile étant donné le sujet mais demande un effort de prolongement ou de dépassement du contenu fourni par la citation.
Après l’avoir analysé, attachez-vous à cerner votre sujet, à bien en tracer les limites, afin de ne pas déborder en construisant une problématique trop large : soyez impitoyables et éliminez toutes les remarques qui sortent du sujet même si elles vous semblent intéressantes et que vous ayez envie de les communiquer à votre lecteur. Il ne faut pas non plus restreindre le sujet en n’en traitant qu’une partie. Vous devez éviter absolument de réduire ou transformer abusivement le sujet en en le ramenant à une question de cours ou à un autre sujet déjà traité.
Au terme de cette analyse, vous constaterez souvent que certains mots du sujet ont plusieurs sens et que le sujet change de sens à chaque fois que l’on change l’acception de l’un de ses termes. Cela vous fournira votre première ébauche de plan ou une problématique s’exprimant sous forme de deux ou trois questions importantes : ce seront les axes de votre futur plan. Une fois que vous aurez trouvé ces axes, prenez une feuille par axe, inscrivez le titre et tracez deux colonnes : idées et arguments d’une part, exemples et citations de l’autre.

Recherche des matériaux

 


Même si vous n’avez pas, après avoir analysé les mots, dégagé les grands axes de votre plan, mobilisez toujours vos matériaux de façon ordonnée. Par exemple, vous pouvez, en principe, les classer en « pour/contre » ; « avantages/inconvénients », « théorie/pratique » ; « cause/conséquence » ; « constat des faits/remèdes ».
Ces matériaux peuvent se diviser en deux grandes catégories : les idées et les exemples.

Idées, arguments

 
Les idées peuvent évidemment être empruntées au cours, ce qui doit permettre d’éviter de tomber dans une perspective trop simpliste. Mais il est bon que, tout au long de l’année, vous vous soyez fait votre opinion des ouvrages et du thème étudiés.
D’autre part, il ne suffira pas d’affirmer vos idées. Il faudra justifier vos affirmations par des arguments et en vous appuyant sur des exemples. Ne reprenez pas les affirmations du professeur dans son cours sans prendre la peine de les démontrer, en faisant comme si elles allaient de soi et ne méritaient pas la discussion. Votre professeur argumente et illustre ses propos par des exemples. Appliquez la même méthode. Épousez la démarche, et non pas le contenu.

Exemples

 
Les exemples doivent être choisis de façon privilégiée dans les trois œuvres au programme. Au minimum, il faut un exemple par paragraphe. Il ne faut pas que ces exemples soient réduits à de simples allusions. Il ne faut pas non plus « raconter l’histoire » et que votre argumentation se transforme en narration ce qui est un défaut extrêmement répandu et très grave : vous perdez du temps, vous remplissez des pages inutiles. Les exemples doivent être précis (scène, chapitre) et ils doivent être exploités par le candidat. Mais ne citez pas trop d’exemples, n’oubliez pas que le devoir est court. Il ne faut pas le transformer en catalogue d’exemples.

Citations

Il est bon d’avoir appris par cœur quelques citations. Mais elles doivent être utilisées à bon escient, exploitées et commentées.
Par ailleurs, d’un point de vue formel, les citations doivent être présentées entre guillemets et les titres d’ouvrages doivent être soulignés (et non mis entre guillemets). La fidélité est impérative dans ces citations. Elles doivent s’insérer dans le mouvement argumentatif sans le rompre. Les actes d’une pièce de théâtre doivent êtres cités exactement.

Faire un plan détaillé

 
On insistera sur le soin à apporter à cette étape qui permet de construire l’architecture, le squelette de votre devoir et en garantit la cohérence.
Un plan peut comporter deux ou trois parties. Mais élaborer un plan détaillé ne consistera pas à se borner à tracer deux ou trois axes de réflexion. Un plan détaillé comporte des sous-parties et des paragraphes. Il peut facilement occuper trois pages de votre brouillon.

Les règles d’or du plan

• ne pas faire
– La récitation de cours.
– Une partie par ouvrage

• faire
Un plan progressif et dynamique
On doit aller du plus simple au plus compliqué, du plus commun au plus abstrait, de l’irréfléchi au réfléchi, pour montrer que l’on progresse. Vous pouvez partir de l’opinion commune, puis passer à la réflexion philosophique et enfin exprimer une opinion personnelle réfléchie et argumentée. Évitez de revenir, dans la dernière partie, à l’opinion commune et à des banalités. Ce serait décevant et annulerait les mérites de la réflexion philosophique. Chaque partie du plan traite du sujet en le considérant seulement sous un aspect différent.
Nous avons noté précédemment que le libellé du sujet peut vous aider à choisir un plan

Le plan dialectique : thèse-antithèse-synthèse : ce plan est souvent possible, à condition de bien le maîtriser :


–La thèse : elle doit être argumentée et progresser vers une position dont l’extrémisme paraît finalement intenable et appelle logiquement l’antithèse ou au contraire arriver à une position nuancée qui déjà annonce l’antithèse


– L’antithèse : elle aussi doit être argumentée, soulever les limites de la thèse sans pour autant vous amener à vous contredire, ce qui serait tout à fait dommageable.


La synthèse : elle n’est pas une « réponse de Normand » ou un rafistolage artificiel de la thèse et de l’antithèse. Elle permet de dépasser l’opposition construite par les deux premières parties, d’envisager un approfondissement ou un prolongement de la réflexion.

Un plan sur mesure ?

 


On peut parfois faire un plan sur mesure en deux ou trois parties selon le sujet. Ce choix a le mérite d’être original, mais il faut veiller à bien respecter les conseils donnés précédemment (plan progressif et dynamique).

• Rédigez l’introduction au brouillon

L’introduction se rédige au brouillon et elle est essentielle car elle donne au correcteur une première impression et lui montre que vous avez compris le sujet.
Nous pouvons distinguer les quatre fonctions d’une bonne introduction.

 

  • Une entrée en matière qui amène le sujet. Évitez cependant les généralités passe-partout, telle que : « Depuis toujours ; De tout temps ». Mieux vaut selon nous ne pas faire d’entrée en matière que d’en faire une ainsi.
  •  La citation du sujet : elle est obligatoire. L’usage est de citer intégralement le sujet s’il n’est pas trop long. On peut dans le cas d’un sujet très long le résumer et n’en faire ressortir que les éléments les plus pertinents. Attention dans ce cas à ne rien oublier, à ne rien transformer.
  • L’analyse du sujet et la problématique. Vous devez présenter les résultats de l’analyse effectuée en travail préliminaire mais ne garder de façon sélective que ce qui était important et a permis de constituer les grands axes du plan. Cette étape est essentielle et trop souvent négligée ou maladroite Il ne s’agit pas d’aligner toutes les questions que vous vous êtes posées mais de les articuler les unes aux autres afin de traduire le sens du sujet tout entier ; cette analyse doit conduire naturellement à l’énoncé de la problématique
  •  Présenter le plan. Essayez d’être le moins lourd possible (évitez d’écrire : nous allons vous montrer dans une première partie que... puis etc.), mais soyez clair (ne pas écrire : Nous allons présenter la thèse de l’auteur). Nous avons déjà fait remarquer qu’il ne suffisait pas de dire thèse pour que l’on sache ce que c’est. Votre annonce de plan doit présenter le contenu de vos parties.

    Deux conseils :


1- Ne posez pas trop de questions auxquelles vous ne pourriez pas répondre durant la dissertation ;
2- Ne donnez pas les réponses à vos questions dès l’introduction.
Pour remplir toutes ces fonctions, l’introduction ne doit pas répugner à occuper une place importante dans la dissertation. La longueur d’une bonne introduction peut facilement atteindre 20 lignes pour un devoir de 4 ou 5 pages.

Rédaction

Gardez sous les yeux votre plan détaillé et reportez-vous, chaque fois que cela est nécessaire, aux brouillons initiaux. Rayez au fur et à mesure ce que vous utilisez. Ménagez des transitions entre chaque partie et entre chaque sous-partie et guidez votre correcteur en annonçant au début de chaque partie et sous partie quel va être l’objet de la démonstration. On voit trop souvent des devoirs où les exemples et les arguments sont juxtaposés, même lorsqu’ils se succèdent logiquement. Ne demandez pas au correcteur de faire à votre place le lien entre vos arguments. Par ailleurs souvenez-vous que l’addition n’est pas la seule logique possible et que si vos différentes parties commencent systématiquement par « De plus, en outre, aussi », c’est que votre devoir est mal construit, défaut que nous signalons ici mais qui doit en réalité être corrigé dès l’élaboration du plan. Enfin n’oubliez pas de relier explicitement votre démonstration au sujet chaque fois que c’est possible.
Concentrez-vous aussi sur le style et l’orthographe. Les copies remplies de fautes d’orthographe sont sanctionnées Attention surtout à l’orthographe des noms des auteurs au programme et à leurs personnages ainsi qu’aux noms des lieux. N’utilisez pas d’abréviations ni de sigles. Écrivez les chiffres en toutes lettres sauf les dates. Faites aussi attention à la ponctuation et aux accents. N’oubliez pas de souligner les titres d’ouvrages.

En ce qui concerne le style, évitez de parler à la première personne du singulier et n’abusez pas des phrases exclamatives ou interrogatives.
Fuyez aussi les clichés littéraires, le lyrisme facile, le ton grandiloquent et le jargon pseudo-philosophique. Préférez la sobriété.
Faites attention à ne pas employer de néologismes, de barbarismes ou des termes du langage familier. Enfin, écrivez lisiblement et présentez votre travail avec une mise en page cohérente, sans indiquer le titre de partie ni de numérotation. Séparez l’introduction et la conclusion du reste du devoir en sautant quelques lignes. Sautez également une ligne entre chaque grande partie et allez à la ligne en faisant un alinéa pour chaque sous-partie.

• Conclusion

 
La conclusion doit assurer la transition avec la fin de la dernière partie et ne pas paraître complètement détachée du devoir.
Avant de rédiger la conclusion, relisez l’introduction et, si vous avez le temps, la dissertation tout entière. La conclusion ne doit en aucun cas répéter l’introduction La conclusion répond à la problématique posée, de manière assurée mais non péremptoire. Sa longueur est à peu près la même que celle de l’introduction. Certains candidats sont persuadés qu’il faut terminer le devoir par une ouverture. Cela n’a rien d’obligatoire et mieux vaut ne pas finir sur une question saugrenue. Cette ouverture n’a d’intérêt que si elle est fortement motivée.